Saint-Sébastien (Résidence)

 

La chapelle Saint-Sébastien

 

RESIDENCE SAINT-SEBASTIEN

Cette résidence doit son nom à la proximité de la chapelle Saint-Sébastien qui est connue de tous les Lannilisiens.

LA CHAPELLE DE SAINT-SEBASTIEN

C'est sous le long rectorant de l'abbé L'Hostis à Lannilis (55 ans) que fut construite la chapelle Saint-Sébastien. Le grand évènement et la lourde épreuve de son long rectorat fut l'apparition de la grande peste de 1640. Cette terrible épidémie fut la cause directe de la construction de la chapelle, située sur la route de Brest.

La peste avait déjà ravagée notre Basse-Bretagne à diverses reprises, en particulier en 1598, en 1625 et 1626. Comme les moyens de la combattre étaient pratiquement inexistants, elle constituait pour nos ancêtres, l'objet d'une très vive terreur. Elle réapparut plus virulente que jamais en 1640, surtout dans les quartiers sud-est de la paroisse (Kerdalzou, Kerveur, etc...).Le fléau enleva de très nombreuses personnes et comme il devenait très dangereux de les inhumer dans l'église paroissiale selon la coutume de l'époque, le seigneur de Kerbabu, le comte Olivier de Bellingant et sa femme Suzanne de Kernéac’h offrirent au recteur, un terrain pour servir de cimetière, sur la route de Brest.

La chapelle St-Sébastien

Le dimanche 12 août 1640, toute la paroisse se rendit processionnelement à Trobérou implorer la Ste Vierge et au retour s'arrêta à l'emplacement actuel de Saint- Sébastien pour la bénédiction du cimetière où furent par la suite inhumés de nombreux pestiférés. Deux jours avant, l'évêque du Léon, Monseigneur Robert Cupif avait autorisé cette bénédiction à laquelle procéda l'abbé L’Hostis lui-même. Il fut décidé qu'une chapelle y serait construite en l'honneur de Saint Sébastien, particulièrement invoqué contre la peste. (De nombreuses chapelles dédiées à Saint Sébastien furent construites à l'occasion de cette peste dans tout le diocèse: Locmaria-Plouzané par exemple).

Le 8 février de l'année suivante (1641) commença la construction de la chapelle à laquelle participèrent gratuitement de nombreux paroissiens et même plusieurs personnes de l'extérieur. Mais par suite de diverses difficultés et en particulier de fréquentes sépultures de pestiférés, les travaux allèrent très lentement et ne furent complètement terminés qu'en 1644. Le 4 mars de cette année, l'évêque du Léon autorisait la bénédiction de la nouvelle chapelle qui fut faite par l'abbé L’Hostis, le dimanche 7 avril 1644, en présence d'une grande foule.

La surveillance des travaux avait été confiée à un excellent cultivateur de Tréfily, Jean Léon qui venait de terminer son triennat comme gouverneur de l’église paroissiale de Lannilis. Il s'acquitta parfaitement de sa tâche. Son cousin Olivier Léon qui venait d'être nommé en 1643, gouverneur de la chapelle Notre-Dame de Trobérou, s'occupa avec zèle de la couverture en ardoises et son successeur comme gouverneur de Trobérou, Jean Le Laé, acheva l’œuvre, par l'enclos du cimetière. L'architecte du tout avait été Yves Roudaut auquel le recteur  rendait un hommage tout particulier pour sa fidélité et sa vigilance.

Depuis plus de trois cents  ans, la chapelle St-Sébastien, restaurée en 1785, puis à nouveau en 1819, cette fois avec les ruines provenant de la chapelle ND de Trobérou, est fort vénérée de nos compatriotes. Nos grands-mères n'omettaient jamais de joindre à leur invocation à la Sainte Vierge le nom de St-Sébastien; «Itron Varia Trobérou ha Sant Sébastien, pedit evidomp ». Jusqu'en 1948, la procession du Saint-Sacrement se rendait à Saint-Sébastien, le premier dimanche de la Fête-Dieu et également le 15 août après Vêpres (jusqu'en 1951). Parfois même les Vêpres y étaient chantées ce jour-là. En 1960, la procession des Rogations s’y rendait le lundi mais la messe y était également dite le jour de la fête du Saint.

La chapelle qui est propriété communale depuis 1905 est l'objet de tous les soins de la municipalité et nous espérons que longtemps encore Saint-Sébastien veillera sur Lannilis et écartera de ses habitants toutes les pestes matérielles et morales.